10.03.2006

Le Premier ministre confirme le bilan de 27 morts à Paoua

- par AFP

Le Premier ministre centrafricain Elie Doté a reconnu mercredi publiquement pour la première fois que des violences entre les forces armées et des "insurgés" le 29 janvier à Paoua avaient fait au moins "27 morts" dans cette ville du nord du pays.

"Des informations dignes de foi en notre possession ont indiqué dans un premier temps qu'il s'est agi de bandes armées non identifiées qui ont attaqué la ville de Paoua faisant 27 morts au premier jour", a déclaré M. Doté dans un discours diffusé à la radio nationale.

Le Premier ministre a fait état, en plus de ces 27 morts, de plusieurs "corps jonchant la route Paoua-Boguila" à l'est de cette ville, sans en préciser le nombre.

"Plus tard, on apprendra qu'il s'agit en fait d'une insurrection de certains Centrafricains désireux de s'emparer du pouvoir qui a été repoussée par nos forces armées", a ajouté M. Doté.

Il n'a pas précisé s'il s'agissait de victimes civiles.

Jusqu'ici, le ministre de l'Intérieur Michel Sallé avait affirmé qu'une attaque d'individus armés non identifiés avait été repoussée le 29 janvier à Paoua par les forces armées qui avaient tué une dizaine d'assaillants.

En revanche, le Haut-Commissariat centrafricain aux droits de l'Homme, un organisme rattaché aux services du Premier ministre, avait affirmé mardi que les "altercations" entre les insurgés et les forces de l'ordre avaient fait 27 morts.

M. Doté n'a pas directement commenté mercredi les accusations de "massacres" lancées contre l'armée par trois députés de l'opposition au président François Bozizé, qui affirment que 104 personnes ont été tuées à Paoua.

Ce bilan, présenté comme "provisoire", avancé par les trois députés du Mouvement de libération du peuple centrafricain (MLPC), le parti du président déchu Ange-Félix Patassé, n'a pas été confirmé de sources indépendantes.

Mais plusieurs témoignages publiés dans les médias locaux ou recueillis par l'AFP font état de nombreuses "exactions" commises par une unité des Forces armées centrafricaines (Faca).

Le président de l'Assemblée nationale Célestin-Leroy Gaombalet a demandé la semaine dernière au gouvernement de "sortir de son mutisme" et cinq ONG ont exigé lundi une "enquête internationale urgente" sur les événements de Paoua.

L'UA devrait passer la main au Darfour - 10/3/2006


 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
Une réunion du Conseil de paix et de sécurité (CPS) de l’Union africaine (UA), qui doit se prononcer sur le transfert aux Nations unies de sa force de paix au Darfour (Soudan), s’est ouverte vendredi matin à Addis Abeba.
 
La réunion se déroulait à huis clos au siège de l’UA dans la capitale éthiopienne. Au moins neuf ministres des Affaires étrangères sur les 15 membres du CPS étaient présents à cette réunion.
 
La première partie de cette réunion sera consacrée à la présentation d’un rapport du président de la Commission de l’UA, Alpha Oumar Konaré, faisant le point sur la situation au Darfour, sur l’état de la force de paix et sur les recommandations de la Commission.
 
Pour des questions financières, l’UA semble disposée à passer le témoin à l’Onu au Darfour, région de l’ouest du Soudan en proie depuis trois ans à un conflit sanglant.
 
La force de paix au Darfour, première mission de paix d’importance engagée par l’UA depuis 2004, compte 7.000 hommes. L’organisation panafricaine n’a pas les moyens de la financer au-delà du 31 mars.
 
Le 3 février, le Conseil de sécurité a appelé à l’élaboration de plans pour qu’une force de l’Onu se substitue à celle de l’UA, une option à laquelle le gouvernement soudanais s’oppose catégoriquement.
 
Le conflit au Darfour, opposant des milices appuyées par les forces de Khartoum à des rebelles qui demandent une distribution plus équitable des richesses, s’accompagne d’une grave crise humanitaire.
 
Cette crise a fait près de 300.000 morts et 2,4 millions de déplacés et réfugiés, selon des estimations internationales.

Bangui privée de télé - 9/3/2006


 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
Les habitants de Bangui sont privés depuis cinq jours de programmes de la télévision publique centrafricaine en raison d'une panne de son émetteur.
Depuis dimanche, la Télevision centrafricaine (TVCA) n'est pas en mesure de diffuser ses émissions.
 
La direction a expliqué dans un communiqué qu'un émetteur était en panne, et un responsable de la direction technique a précisé qu'il fallait "changer certaines pièces" et que "l'arrêt pourrait durer".
 
Une panne technique avait déjà forcé la TVCA à suspendre ses programmes pendant quatre jours en 2004.
Lundi, le ministre d'Etat à la Communication Jean-Eudes Téya a visité les installations de la radio et de la télévision publiques. "La situation est inquiétante", a-t-il commenté.
 
Construite en 1972 sur décision du président de l'époque, Jean-Bedel Bokassa, la TVCA, unique chaîne du pays et l'une des premières d'Afrique centrale, n'émet qu'à Bangui et sa périphérie, de 14 heures à 22 heures du lundi au samedi, et de 11 heures à 22 heures le dimanche.
 
Faute de moyens suffisants, elle fait face à d'immenses difficultés techniques et fonctionne essentiellement grâce à l'aide de pays comme la France, le Japon, la Chine ou le Maroc.